Les adversaires du «Brexit» parlent comme si la disparition de leur pays était imminente

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Référendum sur l’UE en Grande-Bretagne

L’UE n’est pas dépourvue d’alternatives

Le 23 juin, les Britanniques voteront s’ils veulent rester membre de l’UE ou non. Il est devenu habituel de parler du «Brexit». Les adversaires du «Brexit» y opposent un tableau de l’UE presque manichéen.

Les adversaires du Brexit ont mobilisé, les dernières semaines, tout le beau monde dans l’univers des «élites». D’abord, le président des Etats-Unis Obama et la directrice du FMI Lagarde déconseillaient de quitter l’UE et prévoyaient pour le Royaume Uni une catastrophe économique. Maintenant, des «scientifiques» ont levé leur voix, comme par exemple Stephen Hawking. Son «argument»: «Les temps sont passés où nous pouvons survivre seuls contre le monde. Nous devons faire partie d’un assez grand groupe de nations, tant pour notre sécurité que pour notre commerce.»

«Historians for Britain in Europe»

Plus de 300 «historiens» du pays se sont adressés au public, avec un bref texte dans «The Guardian». Leur «porte-parole» fut invité quelques jours plus tard au bureau du ministre britannique des Finances, pour y présenter leurs avis. Les 300 «historiens» s’appellent «Historians for Britain in Europe» et font ainsi opposition contre les «Historians for Britain», prônant la sortie de l’UE ou bien d’envisager de nouvelles négociations avec l’UE. Les «historiens» pour la Grande-Bretagne dans l’UE disent qu’en restant membre de l’UE «la cohésion de notre continent dans un monde dangereux» serait renforcée.

L’histoire montrerait «que le futur de la Grande-Bretagne est en Europe.» Le pays serait plus fort si «nous sommes ouvert sur l’extérieur et nous nous engageons dans le monde.» Quitter l’UE signifierait «isolation», ce qui ne serait point «splendide», allusion faite au terme de «splendid isolation» avec lequel la politique mondiale de la Grande-Bretagne avant la Première Guerre mondiale fut caractérisée.

La question est de savoir si les allégations de Stephen Hawking ou des «historiens» britanniques ont affaire avec l’UE réellement existante, et si la Grande-Bretagne y a sa place en tant que membre ou non. Ces «scientifiques» ont-ils oublié que l’UE n’est pas l’Europe? Ces «historiens» ont-ils pensé au fait que cette construction intellectuelle d’un appareil bureaucratique de pouvoir supranational, qui s’appelle Union européenne, avec ses intrusions permanentes dans des Etats souverains, contredit tous les enseignements qu’on peut tirer de l’histoire européenne? Telles que l’aspiration inconditionnelle à la liberté, le droit et la démocratie, donc dans des Etats-Nations souverains, libertaires et démocratiques où règne le droit?

L’UE contre liberté et démocratie

Aucun eurosceptique sérieux ne s’oppose à une collaboration paisible des Etats européens égaux en droit. Ils n’ont rien contre une collaboration de tous les Etats du monde et contre des accords entre des partenaires souverains. La Charte des Nations Unies a créé la bonne base pour cela, même si certains Etats puissants ne la respectent malheureusement pas.

Par contre, l’UE s’est déterminée consciemment contre la liberté et la démocratie – depuis ses débuts sous forme de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier). Elle s’est décidée pour l’imposition des décisions d’en haut, par le pouvoir exécutif, et pour le stricte contrôle des Etats et peuples souverains. Les peuples européens ne l’ont pas voulu, mais il fallait intégrer, après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne de l’Ouest, et il fallait contrôler la partie de l’Europe qui n’était pas sous domination de l’Union soviétique, et la transformer en rempart contre le bloc de l’Est. Les Etats-Unis étaient la force dominante qui actionnait ce processus. Toute autre interprétation serait une falsification de l’histoire. Les Etats membres de l’UE n’ont jamais été «maîtres des accords». Dans ce journal, et dans de nombreux livres et essais ceci a été prouvé. Et maintenant, de nouveau, on prépare les 28 Etats de l’UE pour une guerre froide, peut-être même chaude, contre la Russie.

Parfois on est vraiment étonné de voir jusqu’à quel point on nous prend, nous les citoyens, pour des imbéciles; et encore plus étonné quand on réalise, qui est prêt à se faire instrumentaliser pour ces tentatives d’intox politique, à l’instar des plus de 300 «historiens» britanniques.

Collaboration en Europe ne veut pas dire UE

Il est très vrai que l’Europe ne doit pas être un continent d’Etats isolés ne connaissant que la concurrence et l’opposition entre eux comme mode de relations. Mais comment la situation se présente-elle dans l’UE, en réalité? Est-ce que les principes néolibéraux, tels qu’ils sont prescrits selon le marché unique et l’Accord de Lisbonne, et l’euro, n’ont pas fait de l’Europe de l’UE une assemblée d’Etats agissant dans un esprit de rivalité, sans égard l’un pour l’autre? Des Etats qui se font sermonner collectivement, s’ils choisissent un chemin d’autonomie qui leur est propre, comme déjà l’Autriche, puis maintenant la Grèce? N’est-ce pas cette UE réellement existante qui pousse de plus en plus de gens en Europe à chercher des alternatives? Non pas parce qu’on veut s’isoler de l’Europe et du monde, mais parce qu’on veut finalement vivre en liberté et en démocratie, égaux en droit, et en paix avec tous les autres peuples du continent et du monde!

L’Europe a besoin d’une nouvelle base. Une base orientée vers le futur. Le retour aux temps avant l’existence de l’UE n’a aucune perspective. Personne ne veut sérieusement retourner avant 1945. Pourquoi ne pas élaborer une «Charte pour l’Europe», inspirée de la Charte des Nations Unies? Un Conseil de l’Europe nouvellement constitué pourrait y fournir le cadre institutionnel. La «Charte de Paris» de novembre 1990, formulée à la fin de la première guerre froide, fournirait de bons points de départ. Il faudrait l’enrichir, ayant en vue les traditions culturelles du continent. Les Etats-Unis n’y auront rien à dire. Mais en Europe, il ne faudrait exclure personne.

L’assertion usuelle que l’UE est la seule forme possible d’un ordre européen, sans lequel la décadence et la guerre seraient imminentes, est absurde et rappelle les temps anciens lorsque le goût de la conservation du pouvoir régnait. Ainsi, le philosophe allemand de l’ère baroque Gottfried Wilhelm Leibnitz présentait le pouvoir absolu sous lequel il vivait comme le meilleur des mondes, malgré tous les maux bien visibles. Nos politiciens dominants ne parlent-ils pas de façon similaire de l’UE comme du meilleur des mondes en Europe? Mais le monde du pouvoir absolu au temps de Leibnitz était-il «sans alternatives»? Il est certain que l’UE d’aujourd’hui n’est pas «dépourvue d’alternatives».

http://arretsurinfo.ch/les-adversaires-du-brexit-parlent-comme-si-la-disparition-de-leur-pays-etait-imminente/

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